VGogh
Autoportrait bleu.

Art
Historien allemand de l'art.

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Gauguin aurait coupé l'oreille de Van Gogh au sabre
Publié le mercredi 6 mai 2009 à 08H42

Deux historiens allemands publient un essai soutenant cette théorie.
C'est le polar de l'été. L'intrigue se déroule place Lamartine. Les protagonistes sont des stars de l'art… Selon deux historiens allemands qui publient un essai, Van Gogh ne se serait pas tranché l'oreillegauche avec un rasoir: ce serait Gauguin, fin escrimeur, qui aurait commis l'acte avec un sabre le 23 décembre 1888. Bigre.
Voilà un sacré revers pour la thèse dominante. L'autoportrait à l'oreille coupée, oeuvre de Van Gogh, symbole intouchable du sacrifice et de la folie comme acte fondamental de la création dans l'art moderne en prend aussi un coup.

La fuite de Gauguin Rappel des faits :

Van Gogh pose ses valises à Arles le 2 février 1888 dans la Maison Jaune place Lamartine, Gauguin le rejoint en octobre. Le drame se noue le 23 décembre. Les deux hommes se disputent sur leur travail, la création de l'école. Van Gogh aurait saisi un couteau. Et là les deux versions se télescopent. Soit Van Gogh se tranche l'oreille avec un rasoir, soit Gauguin s'en charge avec un sabre.
Le peintre hollandais enveloppe l'oreille dans du papier journal et vers 23h30 l'offre à Rachel, une prostituée (peut-être également cause de la dispute). Gauguin, lui, dort à l'hôtel. La police trouve le lendemain matin Van Gogh le visage en sang dans son lit. Il est conduit à l'hôtel-Dieu (actuel Espace Van Gogh).
C'est en fait le comportement suspect de Gauguin qui met la puce à l'oreille aux deux historiens Hans Kaufmann et Rita Wildegans, auteurs de l'ouvrage L'oreille de Van Gogh, Paul Gauguin et le pacte du silence. Les deux "enquêteurs" sont retournés, en plus de leurs recherches jusqu'en Polynésie, sur les lieux du drame arlésien.
"On est allé aux archives municipales. On a retrouvé la pétition signée par les riverains de la place Lamartine pour que Van Gogh soit interné et un article de presse du 30 décembre 1888. On a même mesuré le chemin entre la Maison Jaune et le bordel !, explique Hans Kaufmann contacté à son domicile à Hambourg. Nous avons retrouvé des documents mal interprétés à mon avis. Gauguin s'est empressé de faire entendre que Van Gogh était fou. C'est lorsque la police l'a interrogé qu'il a inventé la théorie de l'automutilation".
Et c'est celle que retiendra l'histoire. "Gauguin n'a jamais revu Van Gogh après le drame, même s'il assiste à son hospitalisation. Il s'enfuit à Paris, laissant même à Arles son matériel de peinture". Ce sont aussi les mémoires de Gauguin Avant et Après, où des propos sonnent tels des aveux; ou les lettres de Van Gogh à son frère Théo qui interpellent l'historien car elles seraient lourdes de sous-entendus.
Pourtant Van Gogh ne dira rien, "comme un pacte de silence car il était fasciné par Gauguin, il était presque amoureux de lui. C'est pourquoi il s'est tu". Une découverte qui a son poids : "C'est à Arles où Van Gogh a réalisé quasiment toute son oeuvre qu'a eu lieu le déclic de la peinture moderne".
Hans Kaufmann promet en tout cas de revenir : "Arles est une ville merveilleuse. J'aimerais assister un jour à une corrida". Un polar dans les arènes, pourquoi pas. Il va falloir ajouter une oreille, voire la queue...

Par Agathe Westendorp ( awestendorp@laprovence-presse.fr )"